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Edito
Bienvenue sur ce site consacré à la préservation d’un milieu naturel
provençal remarquable : la Chaîne de l'Etoile et le Massif du Garlaban.
Créé dans le cadre du projet Natura
2000 et sur une initiative de Colinéo-ASSENEMCE,
association représentant le Collectif Etoile-Garlaban, ce site a
pour but de répondre aux questions les plus courantes en présentant le projet
et les actions en cours afin de faciliter votre implication pour la préservation
de cet espace naturel et notamment à la démarche Natura 2000. Comptant sur
votre participation, nous vous souhaitons une attractive visite de notre
site Internet.
Monique BERCET
Présidente de Colinéo-ASSENEMCE |
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Etoile-Garlaban
Description
des sites
Le
Massif de l’Etoile,
un relief marqué par la dolomite*
Le Massif de l’Etoile s’étend, d’est en
ouest, du col du Terme, près de Peypin, jusqu’à
Septèmes-les-Vallons. Il est bordé au nord par la
plaine de Gardanne-La Malle et au sud par la dépression de
Marseille, les collines des Maurins et de Pichauris.
Son originalité réside principalement dans l’extension
des formations dolomitiques jurassiques à l’origine
des reliefs ruiniformes remarquables de Notre-Dame des Anges et
du Vallon du Pilon du Roi, comparables aux sites célèbres
de Mourèze ou de Montpellier le-Vieux en Languedoc.
Du point de vue tectonique le charriage des terrains jurassiques
du massif sur le synclinal de l’Arc constitue un exemple célèbre
que Marcel Bertrand, à la fin du XIXème siècle,
avait décrit et comparé à la structure du bassin
houiller du nord de la France.
La base du Massif : strates et roches
Le massif est constitué de sédiments d’âge
secondaire déposés en milieu marin, bordés
au sud par les dépôts tertiaires de Marseille. Les
terrains les plus anciens, d’âge triasique (220 MA),
ne sont visibles que très localement : au sud de Simiane
(calcaires), près de Mimet (affleurements de marnes rouges
et gypses), à Pichauris (calcaires et gypses anciennement
exploités).
Les formations jurassiques (205 à 135 MA) constituent l’ossature
du massif. La partie inférieure, calcaire puis calcaréo
marneuse, affleure aux deux extrémités de la chaîne
: du Terme de Peypin au Mont Julien puis au sud de Cadolive côté
est et à l’ouest vers Septèmes (cimenteries
Lafarge).
La partie supérieure, qui structure la ligne de l’horizon
nord de Marseille est très épaisse. Elle comporte,
à la base, des calcaires (Mont Julien, Grotte des Fées
au sud de Cadolive, Septèmes) puis une grande épaisseur
de dolomites et des calcaires blancs terminaux formant la falaise
de la Grande Etoile. Les dolomies, massives et résistantes
à la partie inférieure, plus litées et tendres
à la partie supérieure, forment la partie centrale
du massif. Elles sont érodées en relief ruiniforme
très remarquable comme dans le Vallon du Pilon du Roi (Les
Santons), à Notre-Dame de Roue, au sud du col de Sainte Anne
et à Notre-Dame des Anges.
Des ensembles calcaires se sont formés au crétacé
inférieur (135 – 96 MA) : calcaire urgonien (calcaire
de Cassis) du Plateau de la Mûre (nord de Château Gombert,
Palama, Vallon Dol), formation inférieure plus mince de l’Aire
de la Moure (nord est de la Feve), falaise de Baou Traouqua au sud
de Mimet et la remarquable lame verticale du Pilon du Roi, site
d’escalade réputé. Des intercalations marno-calcaires
affleurent à l’est du col Sainte Anne et dans les secteurs
de la Limace et de Palama. Enfin les marnes et calcaires, souvent
siliceux, de la fin du crétacé inférieur affleurent
au dessus du calcaire urgonien dans une zone à topographie
irrégulière sur la bordure nord, depuis la Malle et
Saint Germain jusqu’à Mimet.
Les terrains d’âge crétacé supérieur
affleurent seulement sur la bordure septentrionale et dans la plaine
de Simiane-Gardanne. La partie inférieure (calcaires marins)
est localement visible entre Simiane et Le Pin.
La partie supérieure, déposée en milieu palustre
(marécages forestiers) et formée de calcaires ou sont
intercalées d’épaisses couches de charbons «
gras » et sulfures qui ont été exploités
pour alimenter la centrale thermique du Plan de Meyreuil. L’évacuation
de l’eau dans les exploitations a nécessité,
à la fin du XIXème siècle, le percement d’une
galerie qui traverse tout le massif à une côte voisine
du niveau de la mer depuis Biver jusqu’au Cap Pinède
avec un puits d’aération sur le plateau de La Mûre.
Ce percement a mis en évidence l’importance des circulations
et du stockage des eaux souterraines dans les dolomies du centre
du massif.
Les formations tertiaires, oligocène (vers 28 MA), déposées
en milieu continental (conglomérats, grès, rares calcaires)
affleurent sur les bordures sud et sud ouest, du Logis Neuf aux
Accates et de Sainte Marthe à Saint Antoine. Elles sont également
développées à Peypin, à l’est
du massif, et ont été exploitées (argiles)
à Saint André et Saint Henri.
Les calcaires quaternaires (dépôts palustres) ne sont
bien développés que vers les Aygalades, au sud ouest
et en dehors du massif.
Les déformations tectoniques
Les roches du massif de l’Etoile ont été affectées,
après leur dépôt, par des déformations
mécaniques liées à l’activité
interne de la Terre. Ces déformations peuvent se regrouper
en deux épisodes principaux d’âge tertiaire :
la tectogénèse pyrenéo-provençale de
la fin de l’éocène, vers 37 MA, liée
au rapprochement des plaques d’Afrique et d’Europe et
une phase distensive d’âge oligocène, vers 30
MA, connue dans l’ensemble de l’est de la France. Les
déformations alpines miocènes (vers 10 MA) n’ont
provoqué, dans la région de Marseille, qu’un
faible soulèvement d’ensemble.
La tectonique pyréno-provençale correspond à
un raccourcissement nord sud qui a fait passer, par charriage, la
masse des terrains, surtout jurassiques, de l’Etoile par dessus
les terrains crétacé du synclinal de l’Arc situé
plus au nord, avec une flèche de 10 à 15 km. La partie
supérieure de ces formations crétacées, notamment
des calcaires avec couches de charbons, a été refoulée
sur 2 à 3 km jusqu’au sud de Bouc-Bel-Air formant le
« Lambeau de Gardanne ». Cette superposition se fait
par des failles faiblement inclinées vers le sud, jalonnées
par des lames de terrains très écrasés. L’une
de ces failles de charriage, horizontale, est spectaculairement
exposée à Sousquières, à l’ouest
de Simiane. Les terrains du synclinal de l’Arc s’enfoncent
ainsi largement sous le massif de l’Etoile. Ils réapparaissent
d’ailleurs, à la faveur de soulèvements ultérieurs,
au sud-est dans le massif d’Allauch : Tête Rouge, Plan
de l’Aigle.
La phase distensive, d’âge oligocène, est à
l’origine de failles fortement pentées surtout orientées
nord-est/sud-ouest : faille de La Mûre qui sépare la
zone centrale dolomitique du plateau calcaire, failles de bordure
qui effondrent les terrains oligocènes de Marseille vers
le sud et dont le mouvement est contemporain de ces terrains comme
le montrent les brèches à blocs énormes des
Accates.
Cette phase a largement contribué, avec le relèvement
miocène, à la formation des reliefs actuels.
Document de l’ASSENEMCE transcrit d’un texte de Claude
TEMPIER, synthèse sommaire de la thèse de G. GUIEU
« Etude tectonique de la région de Marseille »
1968, de travaux divers et d’observations personnelles.

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